22 mars, Aéroport de Malabo, 16hJe suis enfin à Malabo. L’avion de la compagnie CEIBA , un ATR, vient de se poser. Il fait assez froid, un épais brouillard plane sur ce grand aéroport, sorti de nul part. La jungle. L’aéroport en tout prés de la mer, ca et là surgissent des puits de pétrole. L’aéroport est en plein expansion. C’est la première fois que j’y débarque, les autres fois j’y venais surtout pour des correspondances. On a décollé de Libreville à 14h via d’abord Sao Tomé.
L’aéroport internacional de Sao Tomé, ne l’est que de nom. Un bâtiment un peu moderne et le reste est tout pourri.

Sur la piste moisissent de vieux coucous d’un autre âge, il ya des bâtisses qui servent certainement de repaire aux rats palmistes et autres porcs épics. Beaucoup d’avions russes, dans les herbes. Une ou deux petites citernes, un flic qui traine au loin… L’escale dure une trentaine de minutes. 3 pelés et deux tondus sur la piste. Pas grand monde. A travers le hublot je vois deux gonzesses, certainement les représentantes de la compagnie, en train de bavarder avec les deux pilotes. Purée, ici les gonzesses ont de sacrés bodges, des gros popotins quoi !
A bord de l’avion qui n’est pas plein, des hommes d’affaires, des touristes… bref, « La Guinée pétrole » est convoitée. Il y a des Gabonais, ces grandes gueules qui se la pètent toujours plus haut que leur cul, ouvrent toujours leur grande gueule alors qu’ils ne vivent qu’avec moins de 2 dollars par jour. Pitié ce n’est pas moi qui le dis…
Ah le Gabonais, qui, il y a plusieurs années méprisait sur son sol l’homme équato guinéen qu’il traitait de tous les noms, surtout « d’ équato », insulte suprême, très péjorative à l’époque où ces derniers se réfugiaient au Gabon pour échapper à la dictature de Macias Nguéma, oncle de l’actuel président du pays. Maintenant la roue a tourné, la Guinée d’Obiang Nguema explose avec le fric, les « équatos » sont rentrés chez eux. Tout le monde veut donc y aller… mêmes les Gabonais ! Bref, passons. Je reviendrai plus tard sur l’amour que nous portent nos voisins qui ont toujours et encore la dent dure... contre nous !

L’avion finit par décoller, le service à bord est sympa, les hôtesses plutôt mignonnes, surtout la grande noire et mince-là… Je ferme les yeux et roupille comme Opong, l’antilope.
Une heure plus tard, la descente sur Malabo commence.
L’aéroport de Malabo est immense. Sur la piste, tout plein d’avions de différentes compagnies et d’hélicoptères d’affaires. .. Le pétrole est-là!
L’avion stationné, un grand bus vient nous chercher pour ensuite aller s’immobiliser vers une grande entrée. L’aéroport est simple, c’est bizarre mais à l’époque je le voyais plus imposant. Certainement que j’étais encore un peu bourré…Tout le monde descend. Contrôle d’identité. Il faut montrer pattes blanches. La Guinée est bien en avance. La biométrie règne. La police aussi, surtout après les coups d’états manqués. Mon passeport est passé au scanner. Rien, tout est en règle. Il faut dire que pour un étranger, obtenir un visa n’est pas une mince affaire. Pays convoité, les étrangers veulent y venir en masse, « chercher l’argent ». Les limiers de l’immigration veillent… Il y a souvent de sacrés rafles, beaucoup y passent, surtout les sans papiers…
La veine que j’ai eue, j’ai été exempté de la présentation de l’extrait de casier judiciaire et du test HIV. Ah ces étrangers qui apportent des vilaines maladies !
Par contre, j’ai du débourser 75 ooo FCFA, « parce que c’était mon premier séjour » m’a ton dit à l’ambassade. Mais sur le visa apposé sur ma signature, figure le prix de 30 mille francs. Allez savoir ou est l’arnaque.
Mes affaires fouillées de fond en comble à la Douane par une fille qui n’est vraiment pas jolie, je sors de l’aéroport. Il n’y a personne pour m’accueillir. (Pépé le chauffeur, m’attendait pour 17H). Je me dirige vers un taximan et lui parle en fang, la langue locale avec l’espagnole. « Pour aller à l’ICEF, l’espèce de centre culturel français, il faut casquer 3000 balles ! ». La course de taxi est pire qu’à Libreville !
Alexandra« Je peux vous déposer, j’habite à coté ! ». Alexandra est sympa, guinéenne, elle travaille dans une société d’import-export, et revient de Sao-Tomé, rendre visite à sa tante, son frère vient la chercher. On était dans le même vol. J’aime bien son accent si particulier. Elle est Bubi, une ethnie du coin, ce sont les originaires de Malabo, les Fangs et autres venant du continent : Bata.
Dix minutes plus tard, je suis devant l’ICEF. Le frangin d’Alexandra est venu avec un bolide. Hyper nippé, il était au volant, un mec tout aussi nippé à ses côté. Pas très bavard, il m’a juste demandé comment je m’appelais. En sortant de l’Aéroport, on emprunte un long boulevard bordée de lampadaires, allumés en plein jour. Trop fort. Il ya de nombreux « châteaux ». Alexandra m’explique que c’est la zone occupée par les sociétés pétrolières. Le pétrole, toujours.
Le quartier qui abrite l’ICEf a des habitations façon coloniale, on est au centre ville mais les routes sont cabossées. Je sens une certaine misère… Pays riche, peuple pauvre. Comme au Gabon. En la quittant, j’offre à Alexandra une de mes Bd dédicacée. Elle me jure sur la tête de tous ses ancêtres Bubis, qu’elle ira faire un tour sur mon blog.
ICEF
J’ai tout de suite adoré l’ICEF. C’est vivant, sympa, il ya beaucoup de couleur et de chaleur. Une certaine ambiance règne. Une masse en béton bourré de clim, planté dans un petit jardin, avec un super budget de fonctionnement : Le CCF de Libreville. Le personnel de l’Institut culturel d’expression française est jeune, tout comme sa directrice Ivanne Girard.

Merci pour l’accueil !
RamonRamon arrive dix minutes après, on est hyper content de se retrouver depuis notre séjour à Alger.

Ramon ? C’est la Pahé local. Un trublion qui taquine tout le temps le système. Des dessinateurs ici, il n’y en n’a pas des masses. Ramon se bat donc comme un beau diable pour faire exploser la Bd de son pays. Allez hop, plus de blablas, on va bosser, direction …le bar. Et hop on ingurgite une bonne tonne de carburant : la bière !

La nuit tombe vite. Un dîner a été prévu pour les invités : deux troubadours français qui chantent dans des écoles,

ils sont bien gazés, reviennent de Bata et sont dégoutés de la vie car leurs affaires ont étés dérobés avec tout leur fric. Houlala !
Il y a là aussi, un conseiller de je ne sais trop quoi de Abdou Diouf à la francophonie…
Kangni Alem, vous connaissez? Moi non plus!C'est ce joli bébé de 65 kilos, un écrivain togolais,super sympa. Il est ravi de me rencontrer et parle souvent de moi à ses étudiants à la fac. En avalant une brochette de poisson, il promet de me les faire rencontrer un jour… On ne s’ennuie pas. L’ICEF est plein, beaucoup d’expatriés viennent pour... son restaurant! C’est vachement bon,j’ai pris un steak géant de chez Gulliver,avec de la sauce champignon et beaucoup de carburant. Surprise, la femme de Ramon qu’il m’a présenté à Yaoundé, a débarqué avec ses frangines, des espagnoles. Et oui, le Ramon n’est plus célibataire. Il s’est marié dernièrement en Espagne et, en bon Pahouin, va célébrer le mariage coutumier ici, chez lui au village. Yaaaa, Moadzang, wo ne fame !

Ça picole, ça parle, un peu de tout, ca rit jusqu’à jusqu’à. Tellement jusqu’à jusqu’à qu’il faut que je rentre,fatigué dan ma piaule au "Village gaulois",

une espèce de Fort Knox, cité résidentielle,appartenant à l'ambassade de France,qui me rappelle un peu l'hôtel particulier où j'étais à Johannesbourg (voir les anciens posts) .