Un proverbe gabonais dit:"lorsque tu arrives dans un village, ziva dire bonjour au chef de ce village!"C’est justement ce que j'ai voulu faire en allant donner le "Mbolo" à la patronne des Gabonais présents sur le sol de chez mes ancêtres gaulois: madame l'ambassadrice du Gabon en France,

histoire en même temps de lui dédicacer Dipoula et-là franchement,j'ai été déçu par l'accueil. Lecture...
10h30. Je sors du métro La Muette et prend la direction de l'ambassade qui n'est pas loin. J'arrive devant le portail tout heureux de voir flotter le drapeau national. Il y a deux statues en bois assez bizarres. Je les trouve nulles!
Réception: Ca caille dure! Et moi qui pensais retrouver le soleil du pays ! Le chauffage est mort. A la réception, ya un bidasse gabonais qui papote avec deux type assis .Il porte la même tenue que les gendarmes français; c'est vrai que le Gabon et la France sont unis à fond la caisse de partout (yaka voir même dans les dico des noms propres; après la France suit le Gabon..) mais faut pas trop exagérer quoi...Dans le hall, sur un mur trône des photos d'anciens ambassadeurs gabonais. Tiens la photo du président affichée ne ressemble plus à un poster. Vive le changement dans l'air...autre changement majeur: le carton de contraventions; il n'est plus là. A l'époque où j'étudiais sur Paris il y avait un immense carton non loin de la table ou se trouve le receptionniste actuel. Celui-ci servait à recevoir toutes les contraventions des gabonais de France qui donnaient aux contrôleurs l'adresse de l'ambassade.D'un coup d'oeil on pouvait connaître quel gabonais était en France ou non.
Je demande au bidasse où je dois aller pour proroger mon visa et rencontrer l'ambassadeur.
"1er et 2eme étage!"
1er étage. Je prends l'escalier et arrive dans une espèce de petit couloir. Il y a des gens qui attendent.Personne ne salue personne.Il fait sacrément froid et l'éclairage laisse à désirer. Je suis un peu perdu. Une gentille dame m'indique la porte à ouvrir. Tok, tok?...En entrant toutes les gonzesses du bureau me regardent avec un œil bizarre. Soit je reviens d'une autre planète, sois je dois puer le manioc ou le mussungu, le vin de palme!

Ce qui est incroyable à l'ambassade du Gabon,c'est que les bureaux sont vétustes mais toutes les gonzesses sont sacrément bien nippées.Ca c'est pas mal: une ambassade qui fout le camp avec un personnel qui joue les mannequins. Mamooo!
J’explique mon problème. "Bonjour madame, je souhaite proroger mon passeport!" Une gaboma toute crachée, l'air autain prend mon passeport y jette un coup d'œil et me fais savoir que « pour proroger les passeports quand on a un visa comme le mien il faut le faire directement à Libreville » et ajoute que pour rencontrer l'ambassadeur « c'est le 5e étage ». Je pense que cette gonze doit avoir un problème avec son mec parce que vue le ton avec lequel elle me répondait...
secrétariat de l'ambassadeurJ'ai pris l'ascenseur. Faut dire qu'il est pourri. Dans le secrétariat, ya un truc top cool: comme ça caille dur ya un mini chauffage posé sur le sol. Un mec assis sur une chaise, bien rembourré dans un gros blouson, écrit je ne sais trop quoi. Je lui demande comment faire pour rencontrer l'ambassadrice." Voyez sa secrétaire!"
Elle semble sorti du bouquin de « Autant en emporte le vent ». J’aime bien comment elle est ronde avec sa petite coiffe et ses petites lunettes posées pile poils sur son gros nez. "Que voulez vous?" Re-explication: "Je suis un auteur gabonais de bd, de passage sur la France, j'aimerai dédicacer à mon ambassadrice mon dernier livre qui est sorti yapa longtemps!" Je sors Dipoula et le lui présente. La secrétaire a pigé ce que je voulais et ajoute: "Ce n'est pas un problème, donnez-moi le bouquin et je vais aller le remettre à son excellence!" Mais non la vieille, je veux le lui remettre moi même. Ca devient compliqué.
"L'ambassadrice vient à peine de commencer son boulot, elle ne peut pas vous recevoir, donnez votre contacte et le document ensuite elle vous rappellera..." Je ré-insiste et lui dis que si j'avais voulu envoyer mon bouquin à sa patronne j'aurai pu le faire par la poste avec un accusé de réception. "Désolé madame, ce n'est pas bien grave, je m'en vais. Bonne journée!". Finalement, elle me demande de remplir une fiche d'identification et le motif de ma visite. Je lui fais ce dessin...

A l'ambassade,on n'aime pas l'humour avec Bongo.Ma demande a été refusée!
Je ne demande pas mon reste et me tire...
Perdu dans l'ambassadeJe me goure d'ascenseur, en prends un pas bien éclairé et me retrouve dans un étage assez obscur. Il y a une pièce entrouverte. Un bureau certainement... je toque...personne mais j'entrevois une table avec des chaises à la Louis 16 ou 22, une assiette et une valise pas loin, quelqu'un vient de finir de manger...c'est plutôt crade. Je rebrousse chemin et arpente un long couloir. Ici les murs ont une drôle de couleur, en levant la tête, je me rends compte que le plafond est pourri. Des fils électrique pendent à en veux tu en voilà. Vive l'ambassade du Gabon. Je retrouve finalement mon chemin devant l'ascenseur. Un gros gabonais avec un pull rouge me demande où je vais. "Je cherche le service culturel". Le gaboma :"c'est au 3eme!".On pénètre dans l'ascenseur et j'appuie au 3. Erreur! Le gros m'engueule pour ne pas avoir appuyé sur le bouton de l'étage om il allait…

Vive le Gabon!
3eme étage. Service culturel. J'ai laissé le nerveux poursuivre sa route jusqu’au 4eme. Il est grave... sacré gabonais! Toujours ces couloirs aux murs dégueulasses. Il ya des numéros aux portes, j'en cogne une au hasard... Ai-je entendu "entrez" ou pas? je ne sais plus mais je l'ouvre et surprends un jeune couple de monsieur et madame, visiblement surpris par mon intrusion (mais vu la position dans laquelle ils étaient, c'est sûr qu'ils devaient parler des accords bilatéraux entre Gabao et Fala), m'indique le bureau du chargé culturel:" c'est la porte à côté!" et hop, je laisse le deux oiseux poursuivre leurs ébats et arrive à la porte d’à côté.
Le chargé culturel:"Attendez monsieur, laissez-moi finir avec la grande dame!". J'attends. Au Gabon, tout le monde est un grand quelqu'un. Ca me rappelle une caric sur les Mamadou, les riches et les Makaya, les pauvres, qui s'entendent super bien...

"La grande dame" sort enfin du bureau du chargé culturel. Elle me dévisage grave. C'est sûr,je dois vraiment puer le manioc.
Dans le bureau du mec de la culture, je me croirais à Libreville. C'est un bureau vraiment à la gabonaise. Des photos de lui avec de grands quelqu'un du pays...une photo du Président bien visible...des ceci, des cela, il ne manque plus que le petit frigo avec la Régab (la bière locale) à l'intérieur. A la vue du mec, je sens le frimeur de chez frimeur. " Assoyez vous, assoyez-vous, » lâche-t-il. Houlà !
J'explique le but de ma visite. J'ai même pas le temps de finir qu’il le me stoppe net! "Pourquoi voulez-vous offrir ce livre à l'ambassadeur? ".Mbouk mamoo! En m'engueulant presque, il me fait savoir que la procédure à suivre et la suivante: pour offrir un bouquin à son altesse sérénissime l'ambassadrice du Gabon en France, je dois d'abord passer par lui, ensuite il voit le document puis va le remettre à sa patronne.Vive le Gabon!
J'en reviens pas. Que c'est compliqué cette histoire de don. "Finalement, je crois que je vais le garder mon bouquin et l'offrir à la France car au Gabon personne n'en veut." Je me lève fwaché fwaché, mal mauvais.

Le culturel me supplie de lui laisser la Bd. "C'était une blague, c'était une blague", poursuit-il. Je quitte le 23 bis Avenue Raphaël.Sur le trottoir je demande à un passant si je sens le manioc. Réponse négative ! J'en étais sûr:
les diplomates gabonais sont vraiment des blagueurs !