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Le Blog de Pahé

Dessinateur gabonais de presse & BD

dimanche 18 mai 2008

Bibayak est fier d'être gabonais

Nkok Akom. C’est ici où on peut trouver les pygmées les plus proches de la ville nous indique une femme qui décide aussi de nous emmener chez le chef de village qui habite une espèce de baraque super huppée. Dans celle-ci, il montre ses couleurs : pleins de posters de son fan number one : Omar bongo et toute une panoplie de message le louant sur les murs: Bongo l’homme fort hier, aujourd’hui et demain, le PDG, le parti au pouvoir sûr… On se présente au papa et lui expliquons (j’essaie de baragouiner un peu le fang) le but de notre visite. Il est surpris de savoir que nous venions d’aussi loin (depuis Bitam) pour venir rencontrer les Bibayak (nom fang donné au pygmée). « Ah les Bibayak,ils ne sont pas loin, venez ! ». Une vingtaine de mètres derrières les habitations du village, on arrive dans une espèce de petite clairière, c’est là où vivent les pygmées. Juste 3 baraques construites à la façons des fangs avec de la terre-battue; le chef explique que c’est "grâce au savoir des fangs que les pygmées ne vivent plus dans leur maisons faites de feuilles et de branches ! " Un ange de l’Unicef passe apeuré devant tant d'idiotie! A première vue, je suis sidéré par leur isolement. Ici, apparemment on ne se mélange pas. Je demande au chef : « mais pourquoi n’habitent-ils pas dans le village avec vous ? "Réponse du notable: « Ils sont têtus et préfèrent rester entre-eux ! ». Un ange aux couleurs de l’Unicef s’enfuit de nouveau effrayé par ces nouvelles bonnes paroles !Le chef, d’un ton menaçant les appelle. Traduit du fang : « Eh vous là, sortez de vos maisons. Vous avez de la visite ! ». Un à un de petits êtres apeurés sortent des cases. Des hommes, des femmes et des enfants. Le chef toujours menaçant et hurlant devant eux. Je m’avance vers une vieille mama qui me regarde et lui explique en fang la raison de notre visite. Elle semble en confiance. A cet instant, il n’y a vraiment pas envie de prendre de photo. Christophe me glisse à l’oreille qu’il se sent mal et refuse d’en prendre. « Je me sens dans un zoo. C’est inadmissible ! ». Lui aussi ! Mais pourtant j’en prends une, histoire de raconter et de montrer ce qui se passe ici. J’imagine les brimades qu’ils doivent recevoir de la part des villageois. J’imagine…le pire !J’ai la larme à l’œil, ne sais quoi dire. J’appelle les femmes et leur remets un billet, Christophe fait de même avec les hommes, histoire que l’on puisse partager un verre ensemble ; Ils nous remercient. Le chef est-là, tel un vautour. « Et moi, dit-il, je n’ai rien ? ». Encore heureux que se soient-nous qui ayons fait le partage. Car c’est certain qu’une fois en possession du fric, mes compatriotes n’auraient rien reçu. L’ambiance est lourde. Très lourde, trop lourde. Le soleil commence à se coucher.
Nous devons partir avec le cœur gros comme çà; Le chef en bon blagueur :
« Et moi, vous ne me laissez-rien ? »

P.s: je ne sais pas combien de FCFa, L'UNiCEF alloue au gouvernement gabonais

pour l'intégration des pygmées mais je suis sidéré par ce que j'ai vu .

Panneau UNICEF révoltant




Au Gabon, être pygmée ce n’est pas la joie. Je m’en rends compte dès le départ lorsque je demande à la population locale ou est-ce que l’on peut les rencontrer. La question semble gêner. Les gens se demandant ce qu’on peut bien trouver d’intéressant à aller chez eux ! Les pygmées ont toujours été considérés comme des sous-hommes alors que ce sont des Gabonais de pure souche !
10 minutes de route, on arrive dans un village, Nkok Akom. Ce qui me répugne c’est qu’il y a une pancarte de l’Unicef pour signaler leur présence. Je suis dégoûté, et j'ai honte. "Projet de développement intégré en millieu pygmée!" peut-on y lire. Mon cul! (avec ce que je vais voir par la suite...) Je me croirais à l’entrée d’une réserve, voir un zoo. Je sousis ...noir,Christophe fais mauvaise mine. Le chef du village où sont parqués les pygmées, pose fièrement avec nous. C’est leur bête noire !

Minvul, enfin !





C’est en fin d’après-midi que nous sommes arrivés à Minvul. Minvul ! Une ville dont j’en avais beaucoup entendu parler. Minvul, la ville des pygmées, Minvul la ville des rebelles au pouvoir du Président Bongo. Minvul, la ville mystique !Minvul... Les mecs ici ont toujours boudé le pouvoir. Ils ont étés très tôt contre le système. Du coup, cette ville a toujours été abandonnée à son sort. Rien n’y a vraiment été construit depuis longtemps. La légende raconte qu’un jour, en tournée électorale le président Bongo devait s’y arrêter avec son hélico, histoire de venir promettre sa tchatche. Les Minvulois sont fwâchés, très fwâchés. Depuis longtemps on leur demande de voter pour le développement de la contrée, ils votent mais ne voient jamais rien venir. Bongo va voir ce qu’il va voir. Et hop ! Grâce à de puissants gris-gris dont eux seuls détiennent le secret par le biais de la forêt, ils balancent une terrible pluie idem à celle du déluge sur la ville une quinzaine de minutes avant l’arrivée du président. L’hélico arrive, a du mal à se poser, se pose. Mais pour repartir après le discours présidentiel, ya pas moyen. Panne complète,les pilotes ne comprennent rien, les moteurs refusent de démarrer ! Bloqué, le Bongo qui, pour rentrer sur Oyem la ville la plus proche, doit emprunter la route super foutue avec toute sa délégation. La honte!Le gars tempête, menace et jurant que les Minvulois seront toujours des laissés pour comptes. Les Minvulois eux, ricanent…
Voilà pour la légende !!
Au centre-ville, on demande à des personnes où l’on peut rencontrer des Pygmées. Réponse claire!:« Ces gens ? Ils sont à 2 kilomètres de la ville » nous répondent-ils avec un air de mépris. Ca promet pour la suite !

Embourbés!









A une vingtaine de kilomètres de Minvul, la route a commencé à devenir une piste d'éléphant. Et ce qui devait arriver, arriva. Une toute petite flaque d'eau cachait en réalité un énorme bourbier dans lequel nous nous sommes enfoncés. Au départ j'avais vu juste, préférant abandonner le volant pour Cyril qui jura sur tous ses ancêtres qu'il pouvait faire passer la bagnole! "T'es sûr?" lui demandais-je, Réponse du Mac Gyver local:"Oui tonton, je suis certain!" Cyril pris alors le volant , fit une de ces marches arrières du tonnerre pour venir ... se planter dans la gadoue! Sacré Cyril!Bloqués! Il ne nous restait plus qu'à faire sortir la bagnole de son piège. Mais le problème et que tout l'avant s'était enfoncé dans la boue donc impossible d'essayer de faire la marche arrière surtout que le véhicule était une traction avant. Seule soluce: prendre de vieux morceaux de planches et rondelles de bois abandonnés par d'autres randonneurs tombés dans le même piège que nous et soulever la voiture de l'avant afin de la faire reculer. C'est blazé qui a eu l'idée! Une heure 30 plus tard, fatigués la voiture est enfin sortie du trou. Fallait voir l'état dans lequel nous étions, couverts de boue jusqu'à pas la peine. Après avoir poussé la caisse qui commençait à faire des siennes pour démarrer, nous avons encore roulé une trentaine de minutes pour tomber sur une rivière. Je puais la crasse et la boue. Et que dire des autres ? Et hop, tout le monde s'est jeté dans la flotte sous les yeux ahuris de jeunes mecs du village avoisinant qui s'y trouvaient.Christophe en bon petit Blanc n'a pas voulu entrer dans la flotte (certainement avec tous les conseils qu'il a du recevoir depuis la France de son médecin; du genre en Afrique la flotte est contaminée) mais après une longue hésitation, il est finalement venu nous y retrouver. Ils sont fous ces Gaulois!!

vendredi 16 mai 2008

Le quatuor de choc!




On était tout beau avant notre départ. Blazé Blazé aussi malin que koulou la tortue, Cyril alias Satanita , fana de bagnoles, mes deux neveux, moi et Christophe. C’est le week, on s’ennuie un peu et improvisons une petite randonnée sur Minvul afin d’aller voir les pygmées. Personne n’en a jamais vu (sauf à la télé), l’occasion est donc belle de s’y rendre. La route n’est pas goudronnée mais on utilise une piste couverte de latérite. Un super raccourcis! Le voyage se passe à merveilles, on arrive à Bikondom, un district d’où l’on prend cette photo sur le pont que traverse le fleuve Ntem tous sourire aux lèvres. Il fait beau, il fait chaud… le calme avant la tempête !

jeudi 15 mai 2008

Mbolo Christophe!
























Tout avait pourtant bien commencé. J’étais allé accueillir Christophe à Oyem puis, 100 bornes plus tard se fût le retour au « Petit village » à Eboro, mon bled. Après avoir dit "mbolo" , bonjour à ma famille, Christophe a découvert son gîte, pris un bon petit déjeuner à la gabonaise (du toucan il n’en voulu pas. Miam, miam). Le lendemain, on décidait d'aller sur Minvul …

Minvul: la galère!!...(1)

Et voilà, me voici tout crasseux et fatigué à l'arrière de ce 4x4 non loin de Minvul, une ville profonde du Gabon où je suis allé en excursion avec mes frangins du bled, Blazé blazé, Satanita et un pote Christophe Guignement (le mec qui va faire le dessin animé Le monde de Pahé, venu en repérage depuis Paris sur Bitam pour les décors et les scénarios) en train de faire du stop si on peut appeler çà ainsi, car j'ai quand même dû débourser au conducteur près de 4000 fcfa (1euro=655 FCFa).Parti depuis Eboro dimanche afin d'aller rencontrer des pygmées , nous sommes tombés en pleine nuit en panne de batterie en pleine brousse. Il a donc fallu que j'aille rapidos sur la ville la plus proche (Oyem, à plus de 150 bornes) pour recharger la batterie de notre caisson. Je vous raconte le débuts de nos déboires dans un prochain post...

dimanche 11 mai 2008

Ils ont posé pour moi (fin)















































































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samedi 10 mai 2008

Ils ont posé pour moi! (1)...










Merci à toutes celles et ceux qui ont accepté lors de ma dernière tournée de dédicaces de poser avec La vie de Pahé. Comme cadeau, ils recevront une tournée de jus de mangue pour le tome 3! Merci

vendredi 2 mai 2008

Pierre, le tombeur


Lorsqu'il est venu dernièrement au Gabon, Pierre Paquet mon frère pas même père et pas même mère m'a prévenu: "Pahé, des gonzesses au Gabon je vais en ramasser à la pelle rien qu'à l'aide de mon physique avantageux. Tu vas voir ce que tu vas voir lorsque l'on sera à la plage!" Et bien à la plage, je n'ai pas été déçu, le paquet à vraiment un physique... d'Apollon!
"Le mec au physique avantageux "a t-il eu des nanas à la pelle? Je sais pas, par contre des râteaux...